Mardi 23 juin 2026

Le parcours inspirant de Mathilde : élève-ingénieure et sportive de haut niveau

À l’occasion de sa participation au Championnat du monde universitaire de handball à Pessac (Gironde) du 20 au 27 juin, découvrez le portrait de Mathilde, élève-ingénieure à l’ENSTBB et sportive de haut niveau.

Mathilde

Mathilde mène avec détermination un parcours académique, professionnalisant, international et sportif exigeant. Elle vient d’achever le stage de 2e année au sein de l’Université de Mons, en Belgique, dans le cadre d’une mobilité académique. Parallèlement à ses études, elle évolue au plus haut niveau universitaire en handball et s’apprête à représenter la France lors d’une compétition internationale majeure. Son parcours illustre sa capacité à conjuguer réussite académique et engagement sportif, grâce à l’aménagement de son cursus qui lui permet de mener ces projets ambitieux et cohérents.

À travers ce portrait, plongez dans le quotidien d’une élève-ingénieure sportive de haut niveau, entre cours, entreprises, entraînements et compétitions internationales ! 

Entre le sport et les études

Depuis quand pratiques-tu le handball à haut niveau ?

Je pratique le handball à haut niveau depuis l’âge de 17 ans. Après l’obtention de mon baccalauréat, j’ai intégré le Centre de Formation de Rennes tout en débutant ma préparation intégrée à l’INSA Rennes. Par la suite, j’ai rejoint l’ENSTBB à Bordeaux en 2022 pour poursuivre mes études d’ingénieure en biotechnologies. Cette même année, j’ai signé mon premier contrat professionnel en deuxième division à Bègles marquant une nouvelle étape dans mon parcours sportif. Je joue désormais depuis 2 ans en première division (Mérignac, Maubeuge).  

Comment concilies-tu ta formation à l’ENSTBB et ta pratique sportive de haut niveau ? 

L’ENSTBB m’a donné la possibilité d’aménager mon cursus de trois ans sur cinq années afin de me permettre de poursuivre ma carrière sportive dans les meilleures conditions. Cet aménagement me permet de maintenir un rythme de deux entraînements par jour tout en participant aux compétitions, souvent organisées en semaine comme le week-end.
J’ai suivi mes études à Bordeaux jusqu’en juin 2025. Cette année, j’ai réalisé mon premier semestre en Erasmus à l’Université de Mons, en Belgique, ce qui correspondait également à ma situation sportive puisque mon nouveau club, le SAHB, est situé à la frontière franco-belge. Lors du second semestre, j’ai effectué mon stage d’application dans un laboratoire de recherche public à Mons, où j’ai travaillé sur un projet portant sur le développement d’un traitement contre le mélanome.
L’école a toujours fait preuve d’une grande compréhension vis-à-vis de mon double projet, à condition que les résultats académiques suivent. Cela m’a demandé une organisation très rigoureuse. Chaque semaine, je planifiais précisément mon emploi du temps afin d’identifier les cours auxquels je pouvais assister et ceux que je devais rattraper. J’ai également eu la chance d’être entourée de camarades très solidaires qui partageaient leurs notes et m’aidaient à suivre les enseignements manqués. Sans cette entraide, il aurait été beaucoup plus difficile de réussir.
Les périodes de stage ont parfois été plus complexes à organiser. Il fallait trouver une structure pouvant m’accueillir dans un rayon de 40km grand maximum, puis la convaincre qu’un aménagement était nécessaire pour me permettre de poursuivre ma pratique sportive professionnelle. Pour exemple, j’ai effectué mon dernier stage de 4 mois sur une période de 6 mois. 

As-tu l’impression de vivre plusieurs vies en même temps ? 

Oui, on me demande souvent comment je fais pour tenir ce rythme (rires). Mais avec le temps, j’ai trouvé un véritable équilibre. Les études et la recherche scientifique me passionnent autant que le handball. Elles me permettent de construire mon avenir tout en m’offrant un espace où je peux penser à autre chose que la performance sportive. 
Si l’on me demandait aujourd’hui de refaire un choix, je referais exactement le même parcours. Le handball m’offre des émotions, des expériences humaines et des rencontres exceptionnelles. Les études me permettent de préparer l’après-carrière et de m’épanouir dans un domaine qui me passionne. J’ai la chance de pouvoir mener ces deux projets de front, et j’essaie de profiter pleinement de chaque opportunité qui se présente.
 

Le Championnat du monde universitaire de handball

Que représente pour toi la participation au Championnat du monde universitaire FISU 2026 ?

C’est la deuxième fois que je participe au Championnat du monde universitaire. J’avais déjà eu la chance d’y participer en 2024 à Antequera, en Espagne, où nous avions décroché la médaille d’argent après une finale très disputée face à l’Espagne.
Cette année revêt une saveur toute particulière puisque la compétition se déroule en France, et plus précisément à Bordeaux, la ville où j’ai effectué la majeure partie de mes études d’ingénieure. Représenter l’Équipe de France universitaire devant mes proches, dans une ville qui a marqué mon parcours, est une immense fierté. C’est également ma dernière participation possible à cette compétition en raison de la limite d’âge. J’ai donc envie de profiter pleinement de cet événement, de vivre chaque instant à fond et de partager cette expérience avec mes coéquipières.

Quels sont tes objectifs pour cette compétition ?

Notre premier objectif est évidemment d’aller le plus loin possible dans la compétition. Nous allons affronter de très belles équipes comme la Chine, les Pays-Bas et la Pologne lors de la phase de groupes avant, nous l’espérons, d’accéder aux phases finales. Après la médaille d’argent obtenue en 2024, nous avons naturellement l’ambition de remonter sur le podium. Et si l’occasion se présente, nous aimerions évidemment aller chercher ce titre mondial qui nous avait échappé en finale lors de la précédente édition.

Et après... 

Comment envisages-tu la suite de ton parcours ?

J’ai désormais terminé l’ensemble de mes semestres académiques à l’ENSTBB. Il ne me reste plus qu’un stage de fin d’études de six mois à réaliser afin d’obtenir mon diplôme d’ingénieure.
Je suis actuellement à la recherche de cette opportunité professionnelle. Le défi consiste à trouver une entreprise située à proximité de mon lieu d’entraînement, dans la région de Maubeuge, et prête à accompagner mon parcours atypique grâce à un aménagement compatible avec mon activité sportive professionnelle. Je suis donc en pleine recherche… alors si certains lecteurs ont des contacts, je suis preneuse ! (rires)
Plus globalement, je continue d’aborder l’avenir comme je l’ai toujours fait : en préparant au maximum ce qui peut être anticipé, tout en restant ouverte aux rencontres et aux opportunités. Une fois mon diplôme obtenu en 2027, pourquoi ne pas consacrer quelques années exclusivement au handball afin d’exploiter pleinement mon potentiel sportif ? J’aurai ensuite tout le temps de mettre à profit ma formation d’ingénieure dans le secteur des biotechnologies.

Que conseillerais-tu à un étudiant qui souhaite concilier sport de haut niveau et études ?

Je lui conseillerais avant tout de ne pas s’autocensurer. Beaucoup de personnes pensent qu’il faut choisir entre les études et le sport, alors qu’il est possible de réussir dans les deux domaines à condition d’être bien entouré et prêt à faire certains sacrifices. Il faut apprendre à s’organiser, à anticiper et à accepter que tout ne soit pas toujours parfait. Certains jours seront consacrés davantage au sport, d’autres aux études. L’important est de garder en tête ses objectifs à long terme.
Je lui dirais également de ne pas avoir peur de demander de l’aide. Les enseignants, les responsables pédagogiques, les clubs et les camarades de promotion peuvent jouer un rôle essentiel dans la réussite d’un double projet.
Enfin, je pense que le sport de haut niveau apporte énormément de compétences transférables : la rigueur, la gestion du stress, la persévérance, le travail en équipe ou encore la capacité à se remettre en question. Toutes ces qualités sont précieuses dans les études comme dans la vie professionnelle.